La rémunération constitue la contrepartie directe du travail effectué par le salarié au profit de son employeur.
L’employeur doit, en principe, verser au salarié l’intégralité de son salaire à la fin de chaque mois et lui remettre une fiche de paie indiquant entre autres le mode de calcul de celui-ci.
Le tribunal de Paix peut néanmoins notifier à l’employeur de pratiquer une saisie sur salaire, c’est-à-dire lui demander de prélever un montant déterminé sur la rémunération du salarié afin de le reverser au créancier de ce dernier pour remboursement de ses dettes.
Dans le cadre d’une saisie sur salaire, sont concernés :
La pratique d’une saisie suppose qu’un tribunal de Paix ait donné une suite favorable à une demande de saisie sur salaire émanant d’un créancier (le créancier saisissant) à l’encontre d’un salarié (le débiteur saisi).
D’autre part, la saisie ne peut se faire qu’en présence d’un contrat de travail scellant la relation entre l’employeur (le tiers saisi) et le travailleur salarié (le débiteur saisi).
Une saisie sur salaire est la procédure par laquelle un créancier bloque entre les mains de l’employeur une portion légalement délimitée des sommes dues par le salarié qui n’honore pas ses engagements financiers.
Lorsqu’une saisie sur salaire doit être pratiquée, elle est notifiée à l’employeur par le tribunal de Paix.
Pendant la phase dite conservatoire, c’est-à dire entre la notification de la saisie à l’employeur jusqu’au jugement de validation, l’employeur doit :
Après le jugement de validation, c'est-à-dire lorsque le juge confirme que le salarié est redevable des sommes demandées, l’employeur doit :
Si le salarié n’est plus à son service, l’employeur doit adresser une déclaration négative au tribunal dans les 8 jours suivant la notification de l’autorisation de saisie.
L’employeur qui ne fait aucune déclaration au tribunal et/ou n’opère pas les retenues légales pourra être condamné comme débiteur pur et simple du montant de la créance.
La part saisissable d’un salaire est déterminée sur la base du salaire mensuel net réparti en 5 tranches. Pour chaque tranche, un taux de saisissabilité est fixé par la loi, conformément au tableau suivant :
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Tranche |
Limite mensuelle des tranches |
Pourcentage saisissable |
|---|---|---|
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1 |
jusqu’à 550 euros |
insaisissable |
|
2 |
de + de 550 euros à 850 euros |
10 % |
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3 |
de + de 850 euros à 1.050 euros |
20 % |
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4 |
de + de 1.050 euros à 1.750 euros |
25 % |
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5 |
à partir de 1.750 euros |
sans limitation |
En principe, les montants mensuels à saisir sont fixés par le juge de Paix. Néanmoins, dans la pratique l’employeur doit être en mesure de calculer ces montants.
Exemple : une saisie de 4.000 euros doit être effectuée sur une rémunération mensuelle nette de 3.000 euros.
Pour connaître le montant de la saisie mensuelle qui pourra être effectuée, il faut tout d’abord déterminer les différentes tranches de la rémunération mensuelle nette puis calculer le montant saisissable :
Tranche 1 : on ne peut rien saisir
Tranche 2 : (850 – 550) x 10 % = 30 euros
Tranche 3 : (1.050 – 850) x 20 % = 40 euros
Tranche 4 : (1.750 – 1.050) x 25 % = 175 euros
Tranche 5 : (3.000 – 1.750) = 1.250 euros
Le montant mensuel pouvant être retenu en fonction des tranches est de 30 + 40 + 175 + 1.250 = 1.495 euros
Ce montant sera saisi chaque mois sur la rémunération du salarié jusqu’à ce que la dette soit intégralement remboursée.
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