L’impôt commercial communal (ci-après ICC) est destiné au financement des communes pour les charges que celles-ci ont à supporter (infrastructure routière, conduites de gaz, d’électricité, etc.).
Parmi les agents économiques établis dans une commune, on s’accorde généralement à considérer que les entreprises engendrent un surcoût pour les communes (mise à disposition de zones industrielles, de places de parking, mesures spécifiques destinées à garantir la qualité de l’environnement naturel, etc.).
Conformément au principe selon lequel celui qui occasionne plus de charges à la commune doit être mis à contribution, l’ICC vise ainsi à obtenir de la part des entreprises commerciales une compensation pour ce surcroît de charges communales.
C’est l’entreprise et non l’exploitant que l’ICC visait traditionnellement, ce qui explique que l’ICC faisait abstraction de la situation personnelle de l’exploitant et notamment de sa capacité contributive. Voilà pourquoi à l’origine, l’ICC était un impôt réel visant l'importance de l’entreprise par la combinaison de différents facteurs de production comme le capital humain ou le capital technique.
Cette approche traditionnelle pénalisait les entreprises à fort besoin en main-d’œuvre. Par ailleurs, elle risquait de rendre exigible un impôt malgré une activité déficitaire de l’entreprise. Ceci explique qu’un certain nombre de modifications est intervenu pour progressivement aligner les règles de calcul de l’ICC sur celles existant en matière d’impôt sur le revenu. Les derniers changements intervenus en 2001 ont décoloré l’ICC en un impôt personnel. Le bénéfice à soumettre à cet impôt est désormais déterminé d’après les critères valables en matière d’impôt sur le revenu des entreprises, abstraction faite de certaines additions et déductions découlant du caractère historiquement réel de l’ICC.
En raison du caractère communal de l’impôt, la cote d’impôt est par ailleurs déterminée en appliquant le taux communal d’ICC à une base d’assiette de 3 % fixée par voie législative. Le principe constitutionnel de l’autonomie financière des communes permet à celles-ci de fixer librement le taux communal. Les taux communaux doivent toutefois être soumis à l’approbation du Grand-Duc. Ceci explique pourquoi en pratique les taux restent dans une fourchette comprise entre 200 % et 400 %.
Est soumise à l’ICC toute entreprise exerçant une activité commerciale fixe, pour autant qu’elle soit exploitée à l’intérieur du pays :
NB : les sociétés de personnes ne réalisant pas de bénéfices commerciaux mais dont un ou plusieurs associés majoritaires sont des sociétés de capitaux (commerciales par la forme), ou des sociétés de personnes exerçant une activité commerciale, sont soumises à l’ICC.
Exemples :
En matière d’ICC, les contribuables transparents (exploitants individuels et les sociétés de personnes) sont privilégiés.
La raison d’être de ce traitement préférentiel résulte du fait que certains salaires et rémunérations (conseil d'administration, gérants, directeurs, etc.) diminuent l’assiette imposable des sociétés opaques, tandis que les salaires et rémunérations versés à l’exploitant individuel ou aux associés de sociétés de personnes ne réduisent pas le bénéficie d’exploitation de ces contribuables transparents. Il s’agit également de favoriser les entreprises individuelles ainsi que les sociétés transparentes dans la mesure où elles regroupent l’essentiel des petites et moyennes entreprises.
Ce traitement préférentiel réside principalement dans deux aspects :
L’assiette de l’ICC est identique à celle obtenue en matière d'impôt sur le revenu, abstraction faite de certains ajouts et déductions.
Le point de départ du calcul du résultat ICC est donc le bénéfice commercial tel que déterminé en matière d’impôt sur le revenu auquel il faut :
Exemple : le bénéfice commercial obtenu dans le cadre du calcul de l’impôt sur le revenu de SA a été fixé à 1.000.
Dans ce bénéfice est inclus un bénéfice réalisé par une succursale étrangère de 50.
SA a par ailleurs déduit de son résultat imposable la quote-part de pertes d’une SECS pour 200.
Le résultat imposable en matière d’ICC sera ainsi de 1.000 – 50 + 200 = 1.150
Consolidation fiscale
La loi relative à l’ICC connaît depuis longue date un régime de consolidation fiscale. Ce régime est maintenant calqué sur celui existant en matière d’IRC. Lorsque les sociétés sont consolidées au regard de l’IRC elles seront toujours consolidées en matière d’ICC. Il n’est pas possible que des sociétés soient fiscalement intégrées au regard de l’ICC sans l’être du même coup au regard de l’IRC.
Le début de l’assujettissement à l’ICC de même que la fin de l’obligation fiscale varient selon que l’assujetti est un entrepreneur individuel, une société de personnes, ou une société opaque.
Premier exercice social écourté : très souvent, les entreprises, sociétaires ou non, sont créées en cours d’année civile. L’abattement variable en fonction du statut fiscal du contribuable (40.000 euros pour les contribuables non soumis à l’impôt sur le revenu des collectivités, 17.500 euros pour les autres) est à déduire dans son intégralité même si l’entreprise n’a pas existé durant toute l’année.
Le taux d’imposition communal de l’ICC s’obtient en multipliant le taux de 3 % fixé par voie législative et appelé "taux de la base d’assiette" par le taux communal choisi librement par chaque commune dans la fourchette 200 % - 400 % (voir Calcul de l'impôt commercial)
Exemple :
Au 1er janvier 2011, le taux communal pour Luxembourg était fixé à 6,75 % (225 % x 3).
+ Bénéfice commercial suivant LIR
+ Quote-part de perte dans une société transparente
+ Perte réalisée dans un établissement stable étranger
- Dividendes provenant de participation > 10 % dans des sociétés opaques
- Quote-part de bénéfice dans une société transparente
- Bénéfice réalisé dans un établissement stable étranger
- Report de pertes
= Bénéfice d’exploitation (arrondi au multiple inférieur de 50 euros)
- Abattement (40.000 ou 17.500 euros)
= solde intermédiaire x 3 %
= Base d’assiette x t (taux communal de 200 à 400 %)
= cote d’impôt commercial communal
Bien qu’il s’agisse d’un impôt communal, l’ICC est établi et recouvré par l’Administration des contributions directes. C’est l’administration fiscale qui établit la cote d’impôt et qui perçoit la créance du Trésor pour compte de la commune.
L’ICC donne lieu a une déclaration fiscale annuelle. Le paiement s'effectue par acomptes trimestriels en février, mai, août et novembre. Le solde est payable après réception du bulletin d’imposition.