Les bénéfices sociaux des entreprises individuelles et des sociétés de personnes sont directement appréhendés par l'administration fiscale au niveau des entrepreneurs et/ou des associés des sociétés de personnes, ceci, indépendamment du fait qu’il y ait eu distribution ou non.
En d’autres termes, les entrepreneurs individuels ou les associés de sociétés de personnes sont personnellement imposables sur leur part dans le bénéfice, que ce revenu ait été effectivement prélevé ou non par le ou les contribuables concernés et sans qu’il y ait lieu d’attendre une décision de répartition des revenus, ni même l’approbation des comptes sociaux.
Le rattachement au revenu personnel des associés de leur part dans le revenu déclaré par la société doit se faire au titre de l’exercice au cours duquel le résultat été dégagé.
Exemple : un entrepreneur individuel dispose de revenus commerciaux nets avant impôts de 100. Son taux marginal d’imposition est de 39 %. Son revenu net disponible sera de 61.
Les bénéfices thésaurisés par les sociétés opaques ne sont pas imposables dans le chef de l’associé, tant qu’il n’y a pas eu distribution de dividendes. Les bénéfices sociaux appartiennent à la société. Lorsqu’ils sont appréhendés par les associés sous la forme d’un versement de dividendes, il y a distribution et enrichissement de l’associé, fait générateur d’une nouvelle imposition (on parle alors de "double imposition économique").
La loi fiscale retient une conception particulièrement large des revenus distribués. Les dividendes constituent ainsi tous les avantages quantifiables en argent dont l’associé bénéficie en provenance de la société, si la mise à disposition de cet avantage s’explique par le statut d’associé du bénéficiaire de l’avantage.
Les dividendes sont donc à la fois :
La forme du dividende n’importe pas non plus : en numéraire ou en nature.
Afin de garantir le recouvrement des recettes fiscales, la loi exige la perception d’une retenue à la source de 15 %, que l’associé soit résident ou non. Cette retenue peut être réduite jusqu'à 5 % en présence d’une convention fiscale internationale.
La retenue à la source est à prélever et à verser au Trésor public dans un délai de 8 jours à partir de la date de la mise à disposition des revenus.
Le débiteur des revenus de capitaux est tenu de remettre la déclaration de la retenue à la source, dans un délai de 8 jours à partir de la date de mise à disposition des revenus, à la recette centrale de l’administration des contributions directes.
Les dividendes distribués ayant déjà subi l’impôt dans le chef de la société, la double imposition économique est éliminée par voie d’exonération des dividendes perçus à hauteur de 50 % (système du "demi-dividende").
Exemple : si une société distribue un dividende de 100 et que le taux marginal d’imposition du contribuable est de 39 %, la charge fiscale se calcule comme suit :
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Dividende versé Retenue (15 %) Dividende net encaissé Dividende imposable (50 % du dividende brut) Impôt dû (39 %) Impôt non perçu restant dû (15-19,5) Dividende net après impôt (=100-19,5) |
100 - 15 85 50 19,5 - 4,5 80,5 |
Afin de pouvoir bénéficier du système du demi-dividende, la société distributrice doit être :
Une exonération de la retenue à la source est accordée si, à la date de la mise à disposition des revenus, la société mère détient ou s’engage à détenir directement pendant une période ininterrompue de 12 mois une participation d’au moins 10 % ou d’un prix d’acquisition d’au moins 1.200.000 euros dans le capital de la filiale.
Exemple 1 : SA1, société anonyme luxembourgeoise, distribue un dividende à SA2, société italienne qui détient 13 % de SA1 depuis 2 années.
SA1 n’a pas de retenue à la source à opérer.
Exemple 2 : mêmes données sauf que le pourcentage de capital détenu n’est que de 7 %.
Dans ce cas, on appliquera le taux de retenue à la source prévu par la convention fiscale italienne, soit 15 %.
Toutefois, si SA 2 a payé au moins 1.200.000 euros pour sa participation dans SA 1, les dividendes pourront être versés en exonération de retenue à la source.