Afin de maintenir l’emploi et, par conséquent, afin d’éviter des licenciements, le droit du travail luxembourgeois prévoit que les entreprises peuvent recourir, sous certaines conditions, à différents régimes de chômage partiel, selon la nature des difficultés rencontrées.
Le régime du chômage partiel pour lien de dépendance économique vise les entreprises faisant face à des difficultés économiques suite à la perte d’un ou plusieurs de leurs principaux clients ou en raison des difficultés rencontrées par ces derniers.
L'entreprise qui recourt au chômage partiel pour lien de dépendance économique s'engage à ne pas licencier de salariés pour raisons économiques.
Pendant la période de chômage partiel, l'Etat rembourse à l'entreprise 80 % des salaires normalement perçus par les salariés concernés pendant les heures chômées. Le remboursement est limité à 250 % du salaire social minimum. L'entreprise reste redevable des charges sociales et des salaires se rapportant aux heures travaillées.
Le chômage partiel pour lien de dépendance économique s’applique aux entreprises, qui :
Le chômage partiel pour lien de dépendance économique ne peut pas compenser le manque de travail ou de commandes dû à des facteurs saisonniers. Dans ce cas précis, il est conseillé de négocier une période de référence d’une durée supérieure à la durée légale (1 mois) aux niveaux appropriés, si la convention collective ne le prévoit pas.
Il peut être appliqué à tous les salariés dont le lieu de travail se situe au Luxembourg
Cas particuliers
Le chômage partiel n’est pas applicable aux apprentis, ni aux travailleurs intérimaires.
Si un salarié ayant droit à une aide au réemploi est mis au chômage partiel, les aides au réemploi sont suspendues jusqu’à la fin de la période de chômage.
Pour pouvoir solliciter le chômage partiel pour lien de dépendance économique, l’entreprise doit :
Le recours au chômage partiel pour lien de dépendance économique s'inscrit dans le cadre des mesures de maintien dans l'emploi, qui sont complémentaires et peuvent, si la situation économique de la société l’exige, être cumulées et/ou appliquées simultanément.
La demande de chômage partiel doit être envoyée au plus tard le 12ème jour du mois précédent la période de chômage partiel demandée (p.ex. avant le 12 septembre pour la demande de chômage partiel qui se rapporte au mois d’octobre).
En aucun cas le bénéfice du chômage partiel ne peut être accordé rétroactivement.
L’entreprise doit introduire sa demande d’octroi de chômage partiel auprès du secrétariat du Comité de Conjoncture au Ministère de l’Economie et du Commerce extérieur.
Le formulaire doit être dûment signé par le chef d’entreprise et par la délégation du personnel.
Si la société compte moins de 15 salariés ou si elle ne dispose pas d’une délégation du personnel, chaque salarié concerné devra signer individuellement.
La première demande doit être accompagnée des documents suivants :
Le secrétariat du Comité de conjoncture effectue alors une enquête bilantaire et financière auprès de l'entreprise requérante et vérifie l’existence du lien de dépendance économique.
Ce type de chômage partiel s’applique en général sur des périodes de courte durée. Il peut être autorisé pour des périodes prolongées dans le cas où l'entreprise travaille en tant que sous-traitant ou pour des sous-traitants d’entreprises qui bénéficient elles-mêmes du chômage partiel au Luxembourg.
Tant que les difficultés pour lien de dépendance économique subsistent, l'entreprise pourra être autorisée à recourir au chômage partiel.
L’entreprise doit, néanmoins, introduire une demande de renouvellement mensuellement.
Pour les demandes qui suivent la demande initiale, l'entreprise doit :
La permission de recourir aux dispositions du chômage partiel pour lien de dépendance économique ne peut, en principe, être accordée que pour un maximum de 6 mois sur une période de 12 mois.
Au cours d'un même mois, l'entreprise ne peut, en principe placer un salarié en chômage partiel pour plus de 50 % des heures normalement travaillées.
Mesures temporaires en faveur de l'emploi
De 2009 à 2012, l'entreprise peut, au besoin, demander aux salariés de chômer plus de 50 % des heures normales de travail par mois. Néanmoins, la moyenne des heures chômées sur un an par chaque salarié ne doit pas excéder 50 % par mois, sans pour autant qu'une compensation d'une année à l'autre ne soit possible.
De 2009 à 2012, la durée maximale du chômage partiel est de 1038 heures par année (soit environ 130 jours par année). Le chômage partiel peut ainsi être accordé pendant tous les mois.
L’entreprise qui a eu recours au chômage partiel et dont un salarié aurait été placé en chômage partiel à 100 % pendant les 6 premiers mois sera considérée comme étant en chômage partiel de source conjoncturelle pour les 6 mois qui suivent. L'interdiction de licencier pour raison économique s'appliquera donc sur toute cette période, sous peine de devoir rembourser les indemnités touchées.
Durant la période de chômage partiel, l’employeur verse normalement les salaires au titre des heures travaillées et avance au moins 80 % des salaires se rapportant aux heures chômées.
Dans les 2 mois suivant le mois de survenance du chômage partiel, l’employeur adresse à l’ADEM les copies des fiches de salaires des salariés concernés sur lesquelles figurent les heures chômées. Ces fiches de salaire font figure de déclaration de créance.
L’Etat rembourse alors à l’employeur 80 % du salaire normalement perçu par chaque salarié au titre des heures chômées :
Mesures temporaires en faveur de l'emploi
Exceptionnellement, de 2009 à 2012, l’Etat prend également en charge les 16 premières heures chômées (respectivement 8 pour un mi-temps).
Les salariés qui, pendant les heures chômées, participent à des programmes de formation professionnelle continue, bénéficient d'une indemnité de chômage partiel de 90 % du salaire normalement perçu.
Les charges sociales et fiscales se rapportant au salaire réellement perçu par le salarié au titre des heures chômées (c’est-à-dire 80 % du salaire) restent à la charge de l’employeur.
L'ensemble des documents peuvent être remplis (en ligne ou à la main) et renvoyés par voie postale. Les formulaires marqués du symbole
peuvent être signés électroniquement avec un produit LuxTrust et être transmis par Internet à l’organisme compétent, accompagnés le cas échéant des pièces / annexes requises (scannées au format PDF).