Le crowdfunding

Dernière mise à jour de cette page le 12-07-2013

Le crowdfunding (ou financement participatif) permet à un entrepreneur de présenter et de financer son projet via internet. Ce type de financement peut être considéré comme une forme particulière du financement mezzanine.

Le crowdfunding permet par exemple à un entrepreneur de rassembler des investisseurs pour participer au financement d'une start-up ou d’un projet donné via une simple plateforme internet (« enchères crowdfunding »). En contrepartie de leur investissement, les investisseurs reçoivent une participation dans le capital de l'entreprise en tant qu'entreprise ou associé tacite. Par contre, l'entrepreneur n'est pas tenu de conférer de droit de regard aux investisseurs quant à la gestion de l'entreprise. Il évite par là même de longues procédures administratives de financement.

Du point de vue de l'investisseur, son apport ne sera rémunéré que si l'entreprise réussit et son investissement via le financement participatif n'est donc pas garanti.

Personnes concernées

Le financement par le crowdfunding peut s'avérer particulièrement intéressant pour les acteurs suivants :

  • entreprises ou entrepreneurs qui :
    • ont une idée commerciale potentiellement séduisante ou possèdent un prototype d'un produit prometteur, mais qui ne disposent pas des moyens nécessaires pour lancer le produit sur le marché ;
    • sont en voie de constitution ;
    • ne peuvent pas se financer par le biais de crédits bancaires alors qu'ils se trouvent en pleine phase d'expansion ;
  • inventeurs et développeurs qui souhaitent garder leur indépendance et préfèrent commercialiser leur idée de leur propre initiative ;
  • investisseurs qui veulent investir dans une start-up prometteuse ou dans des idées innovantes.

Conditions préalables

Le contact entre l'investisseur potentiel et le bénéficiaire du capital est établi en règle générale par le fournisseur d'une plateforme internet spécialisé dans le financement participatif. C'est sur cette plateforme que le demandeur des capitaux publie son projet et sollicite l'investissement.

Dans la plupart des cas, le bénéficiaire du capital doit fixer avant le début des enchères un capital minimum susceptible de lui permettre le financement de son projet.

Ce montant, une fois fixé, doit en principe être réuni avec les apports provenant d'une multitude d'investisseurs. Le risque d'échec est donc supporté par la masse des investisseurs.

Le montant de l’apport d’un investisseur peut grandement varier en fonction du projet et pourra aussi être soumis à un montant minimum obligatoire.

En échange de sa participation dans l'entreprise, le « crowdfunder » reçoit une contrepartie qui peut revêtir différentes formes, p.ex. droits d'exploitation, produits gratuits ou participation aux bénéfices de l'entreprise.

Il convient de remarquer que les fonds apportés doivent obligatoirement être affectés au projet publié et sont par conséquent remboursés par la plateforme si le montant de financement visé n'est pas atteint. Les fonds ne peuvent pas être détournés en vue du financement d'autres projets. Pendant la phase initiale, le fournisseur d'une telle plateforme fait donc office d'agent fiduciaire pour les deux parties.

Modalités pratiques

Qui peut participer

Le financement participatif présuppose en principe l'existence des quatre groupes suivants :

  • le porteur de projet (entrepreneur et bénéficiaire du capital) : c'est le responsable du projet qui tente de se procurer les fonds nécessaires. Il a certes une idée prometteuse, mais n'est pas en mesure de la financer ou veut éviter de supporter seul le risque d'un échec ;
  • les bailleurs de fonds (investisseurs) : il s'agit de la foule (crowd) des internautes qui souhaitent soutenir le projet et l'idée proposés et si possible réaliser un investissement fructueux ;
  • le réalisateur du projet (prestataire de services du porteur de projet) : il s'agit le plus souvent d'un prestataire spécialisé qui contribue au développement (matériel) du produit jusqu'à sa mise sur le marché ;
  • l'exploitant de la plateforme :  il met à disposition l'infrastructure nécessaire et peut, grâce à son image de marque, contribuer largement au succès ou à l'échec des enchères.

Avantages du crowdfunding

La levée de fonds par le biais du crowdfunding ne se solde pas par une augmentation du passif exigible de l'entreprise et n'entraîne donc aucune détérioration de la solvabilité.

L'entrepreneur n'est pas tenu de consentir aux associés des droits de regard quant à la gestion de l'entreprise.

L'engagement de l'investisseur est guidé par des motifs à long terme de sorte que l'entreprise soutenue ne subit pas de pression de succès à court terme.

En règle générale, l'investisseur ne peut pas exiger de garanties en contrepartie de sa participation.

Si le projet réussit, les investisseurs peuvent s'attendre à des rendements supérieurs à la moyenne.

Inconvénients du crowdfunding

Avec ce mode de financement, des projets à forte intensité capitalistique se heurtent souvent à des difficultés pour réunir les capitaux nécessaires à la réussite du projet. Aussi est-il préférable dans ce cas de recourir aux formes classiques de financement.

D'autre part, il est souvent difficile de mobiliser les gros bailleurs de fonds typiques tels que les fonds de capitaux ou investisseurs spécialisés via ce type de plateforme.

L'investisseur n'a droit qu'à une participation au bénéfice de l'entreprise ou du projet, selon le modèle prévu. À défaut de bénéfices suffisants, le capital n'est pas rémunéré. En cas de contrepartie en nature, celle-ci dépend également de la réussite du projet.

En cas de faillite de l'entreprise, l'investisseur risque la perte totale de son investissement.

Coûts

En règle générale, l'exploitant de la plateforme perçoit entre 5 et 10 % des fonds récoltés en échange de sa mise à disposition de la plateforme et de la publication des enchères. Le cas échéant, il doit effectuer en amont des enchères une série de démarches nécessaires à la publication.

L'élaboration et la publication de dispositifs publicitaires et d'informations peuvent aussi engendrer des frais élevés.

D'autres coûts éventuels dépendent des modalités convenues en contrepartie pour la mise à disposition du capital.